Ce travail a été réalisé sur une durée de 3 semaines par Matthieu Americo Gavino, élève Professeur des Écoles pendant un stage terrain.
Déroulement : au travers de la découverte d’un livre sans paroles, les élèves sont amenés à inventer une histoire qui sera transcrite par la technique de la dictée à l’adulte. Cette histoire sera illustrée en utilisant différentes techniques plastiques puis photographiée en numérique. Les voix des enfants ainsi que l’accompagnement piano (Matthieu au clavier) sont enregistrées à l’aide de la caméra numérique. L’assemblage des images et des pistes sonores (jusqu’à 6 simultanées) sous iMovie et le transfert vers iDVD permettent d’obtenir le produit fini.
B2i : au niveau du référentiel de compétences, il est possible dès la maternelle de valider les premières bases de la technologie (nommer les éléments de la machine, manipuler la souris, différentier les caractères et les touches du clavier…)
Ressources nécessaires :
Appareil photo numérique
Camescope numérique (pour le son uniquement)
Logiciel de gestion des images, logiciel de gestion du son, logiciel de montage vidéo interfacés entre eux.
Ce projet présenté est devenu le projet des enfants. En essayant de comprendre les nouveaux médias et leur utilisation, ils ont pu voir, à travers le DVD, une autre forme de matérialisation et un autre moyen de communication. Assurément, il était possible de réaliser un livre avec l’histoire des enfants, mais dans ce cas précis, à travers le traitement de l’image, à travers la prise de son, à travers la matérialisation de leurs productions, ils ont pu voir tous les avantages du DVD, sans pour autant dénigrer le livre. En effet dans ce projet, comment insérer des dessins de format A2 à l’intérieur d’un livre de format A5 ? Comment insérer des « jardins de mers » ou des productions créées à partir des pièces de tangram ? De plus, faute de temps, les enfants ne pouvaient pas réaliser toutes les peintures ; ils ont dû partager entre eux le travail. Alors comment obtenir les dessins des autres ?
Sur ces aspects, les TICE ont montré leur efficacité : la réalisation du DVD a pu rassembler toutes les productions artistiques en les réduisant à une seule dimension, ainsi que les productions orales (résultat issu des activités de langage). Autrement dit, les TICE ont permit une nouvelle approche dans les arts plastiques et dans la maîtrise du langage, mettant en avant l’ensemble des productions des enfants.
Hormis l’aspect pratique de cette réalisation, il serait hypocrite de nier l’aspect esthétique : grâce aux logiciels, on a pu travailler l’image, la corriger, la transformer, pour la rendre plus belle. De même, on a pu séquencer les voix des enfants et les mettre en premier plan. Elles offrent à la représentation une authenticité remarquable.
Un tel projet permet aussi de plonger l’enfant dans le monde des TICE en expliquant l’emploi et l’utilité des appareils. Encore une fois, il ne s’agit pas de leur apprendre à s’en servir, mais de leur montrer à quoi ça sert, comment ça marche, surtout que ces appareils fascinent les enfants. Il aurait fallu cependant poursuivre ces explications à propos du montage et éviter cette longue interruption (2 mois calendaires) entre la fin des productions (période du stage) et le visionnage qui a fait partiellement oublier le projet aux enfants.
Mais derrière ce projet, je cherchais aussi à me prouver et à prouver aux autres professeurs des écoles qu’un tel projet était réalisable quelque soit le niveau de l’enseignant. Il s’agissait aussi de bannir tout préjugé pessimiste qu’un enseignant pourrait avoir lorsqu’il visionnerait pour la première fois le DVD : « A ça, je ne saurais pas faire ! Je suis incompétent ! ». Pour moi ces trois semaines m’ont démontré le contraire et les difficultés que j’ai rencontrées ne venaient pas des TICE, mais plutôt de l’organisation des séances que je menais sur le langage ou encore des productions artistiques que je devais mettre en place et qui demandaient réflexion et rigueur. De plus, les TICE n’auraient rien apporté à l’histoire numérique s’il n’y avait pas eu de contenu. Les TICE m’ont ici aidé à valoriser le travail effectué par les enfants en arts plastiques et dans la maîtrise du langage et de la langue française. Tout ce qu’elles pouvaient offrir pour ce projet m’a enthousiasmé, sans que ce soit difficile à mettre en œuvre. Mon investissement dans les TICE ne relevait que de la saisie des images et la prise son. Autrement dit, il fallait savoir utiliser un appareil photo (ici numérique) et savoir utiliser une caméra vidéo pour prendre uniquement le son. N’importe quelle personne peut se familiariser avec ce genre d’appareil en lisant le mode d’emploi et en ayant envie de s’en servir. Pour ce qui est des manipulations sur ordinateur, il fallait transférer les photos, les retravailler éventuellement sur un logiciel simple pour avoir un meilleur cadrage. Les manipulations sont assez basiques : redresser, sélectionner, découper, varier la luminosité ou la balance des couleurs. Le reste n’est que peaufinage et sophistication.
La seule difficulté résidait peut-être dans le montage qui en effet était un peu astreignant. Le travail demandait rigueur, justesse et précision : savoir ajuster telle image sur tel son ; varier le volume et la vitesse des images, etc. Pour ma part, j’ai découvert ce logiciel avec Mr Pascal Jablonka qui a fait lui-même le montage faute de temps. Mais j’ai pu observer les manipulations et je suis plutôt enthousiaste et prêt à m’investir pour maîtriser ce logiciel qui me semble vraiment abordable. Même si un tel projet a requis pour moi peu de difficultés en terme de TICE, il n’en reste pas moins vrai que pour le montage j’avais besoin d’une personne ressource. J’étais cependant dans un cadre institutionnel particulier qui m’a permis d’en avoir une à disposition. Mais il faut bien se mettre à l’évidence que l’année prochaine je quitterai ce statut pour intégrer un établissement scolaire qui en sera peut-être dépourvu. Pourtant, ces personnes sont nécessaires : elles permettent aux enseignants qui veulent poursuivre et accomplir leur projet, de résoudre certains problèmes qu’ils rencontreraient en matière de TICE.
Je suis le premier surpris et le premier convaincu qu’un tel projet est possible. On n’y songe pas car on est peu informé des possibilités à mettre en œuvre en classe. On est conscient de l’innovation technologique et on ignore qu’elles suscitent de nouvelles pratiques pédagogiques intéressantes. On s’arrête à des logiciels comme les traitements de texte ou les bases de données, pensant finalement que la technologie ne modifie pas la démarche cognitive et sert uniquement d’outil d’expérimentation et d’évaluation. Mais en découvrant et en mettant en œuvre ce projet, il va de soi que les TICE proposent un autre visage aux apprentissages des enfants. Il est évident que la formation aux TICE adressée aux futurs maîtres doit promouvoir au maximum les ressources en réseau qui existent et qui sont destinées à l’après formation, au moment où le professeur prendra sa classe. Pour cela, il est impératif aussi qu’une personne ressource soit présente dans chaque école, prête à assister les autres enseignants. Cela existe mais ils sont encore trop peu nombreux. Toutefois c’est en découvrant, en expérimentant et en partageant ses expériences qu’on peut soi-même assister les autres professeurs des écoles. Les ressources en réseau se développeront de cette manière, avec l’envie et la motivation. Ce projet que j’ai mis en place en est une parfaite illustration : ce projet m’a été proposé et j’ai pu le réaliser grâce notamment à l'assistance d’une personne ressource. Je pense maintenant être assez motivé pour « oser » et pour partager cette expérience aux collègues qui appréhendent les TICE mais qui sont désireux de découvrir les opportunités qu’elles offrent
Les
TICE peuvent-elles engendrer |
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Mémoire Professionnel
de Matthieu Gavino Directeur de mémoire : Pascal Jablonka |
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